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Editeur : Xiao Pan - Conférence

Conférence de Patrick Abry le 23 mai 2006 au Centre Culturel Chinois de Paris

Xiao Pan
Intervenant :
Patrick Abry est fondateur du festival de la Bande Dessinée Française à Pékin. Il a passé vingt-cinq ans dans le milieu industriel. Passionné de bande dessinée, il se qualifie lui-même de "BDpathe". De 1999 à 2005 il est souvent allé en Chine dans le cadre de son métier dans l'industrie. En 2005 il prend un virage pour se consacrer à sa passion.
Les noms occidentaux étant assez difficiles à prononcer pour les Chinois, ils nous attribuent souvent un nom de baptême. Ainsi Xiao (jeune ou petit) Pan (prononciation approximative de la première syllabe de son prénom) est-il le nom que les Chinois ont donné à Patrick Abry. Certains de ses interlocuteurs chinois ne le connaissent d'ailleurs que sous ce nom.


Introduction

La Chine fait environ vingt fois la France en terme de superficie (9 500 00 km²) et en population.
Environ un tiers de la population vit dans les villes (soit 450 000 000 personnes). En Chine, une petite ville, c'est 600 000 habitants.
La capitale Beijing (Pékin) compte 14 230 000 habitants et une grande ville comme Shanghai en compte plus de 13 000 000.
C'est surtout cette population habitant les villes qui lit et a accès à la culture, dont les bandes dessinées.

Si la peinture est présente depuis très longtemps en Chine, la BD n'a pas plus de cent ans. Dans la seconde moitié du XXe siècle, les romans graphiques sont diffusés dans toute la Chine. Certains sont tirés à 500 000 exemplaires. Ces ouvrages de qualité inégale ont un petit format (9x12 cm environ), sont en noir et blanc, avec une seule case par page. Ils représentent un outil de culture mais aussi de propagande. Certains sont des adaptations de films ou de romans à succès étrangers comme Notre Dame de Paris.
Certaines BD franco-belges ont aussi été éditées sous ce format avec parfois une couverture et un titre totalement différents (L'homme des neiges mystérieux étant par exemple une vieille édition pirate de Tintin au Tibet).
Ces vieux ouvrages qui pour certains ont très bien marché ont été réalisés sans verser de droits et sont donc des éditions pirates.
Depuis les années 80 la Chine subit l'assaut de produits notamment les manga comme One Piece.

Officiellement sept milliards de livres ont été publiés en Chine en 2004, chiffre que les professionnels jugent surestimé, pour 70 000 points de vente. Les manuels scolaires représentent 71 % de l'édition et c'est l'état qui a le monopôle (même si ça commence à s'ouvrir).
Le tirage moyen en Chine est de 5 000 exemplaires (un peu comme en France), ce qui est ridicule par rapport au nombre d'habitants.


Les éditeurs

En 2004 il y avait 570 maisons d'éditions, mais pas de place pour le privé. Tout appartient à des structures d'état (gouvernement, région, municipalité,...). Il est question d'ouvrir légèrement le marché à l'horizon 2008. Les éditeurs étant des organismes d'état, ce sont les seuls à pouvoir obtenir des ISBN.
En 2004, la distribution était déjà ouverte au privé grâce à la mise en place par le gouvernement de moyens détournés pour que les étrangers prennent l'initiative.

Butterfly in the airIl n'y a pas d'éditeur spécialisé dans la BD. Par exemple Butterfly in the air est publié chez Publishing House for Electronic Industry qui comme son nom l'indique est spécialisé dans les ouvrages d'électronique. A noter que cet éditeur publie également un magazine de prépublication pour jeunes filles.
L'édition est souvent régionale et les éditeurs ne sont pas connectés directement avec le marché. Il n'y a ni politique éditoriale ni défense des artistes. De plus l'objectif n'est pas la rentabilité, même si dans l'optique de la privatisation les éditeurs commencent à devoir rendre des comptes. Jusque là, les éditeurs se contentaient d'éditer sans avoir de retour sur les invendus ni de connaissance sur les chiffres des ventes.

La qualité des ouvrages est inégale et certains sont simplement agrafés.

La censure est toujours présente et les éditeurs prêtent attention au contenu pour ne pas avoir d'ennuis avec le pouvoir en place. Il y a pas mal d'autocensure de la part des éditeurs qui ne veulent pas perdre leur licence. La censure peut se faire sur le contenu politique, sur le sexe et ou sur la violence. Aussi, selon l'éditeur (plus ou moins frileux), certaines choses peuvent passer ou non.
Par exemple pour l'édition chinoise de l'artbook Pink Planet de Vatine, seuls deux dessins ont été censurés. Autre exemple lors du Festival de l'image dessinée de Beijing en 2005 (première édition), il a fallu fournir à l'avance la totalité des albums exposés ainsi que les visuels et les DVD pour contrôle.
Si les manga ont du mal à percer sur ce marché, ce n'est pas seulement à cause de cette censure, mais aussi du fait de la position d'ennemi qu'occupe encore le Japon pour beaucoup de Chinois.

Les éditeurs sont plutôt regroupés par zones géographiques, ce qui fait que selon l'endroit il faut traiter avec des personnes différentes. Dans l'optique de la privatisation partielle annoncée pour 2008, des alliances se sont créées et se créent avec de grands groupes éditoriaux non-chinois qui officient en tant que sociétés de packaging. Ce qui veut dire que la société étrangère fait tout le travail de fabrication, tout en travaillant en partenariat avec un éditeur chinois pour obtenir des ISBN. Ainsi l'éditeur ne prend pas de risque financier mais a un droit de regard sur le contenu des ouvrages (pour ne pas risquer de perdre sa licence) et est assuré de voir son nom apparaître sur les ouvrages.

Aujourd'hui encore, l'édition se fait à perte en Chine, une BD se vend aux alentours de 10 RMB (ou Yuan) soit à peu près 1 €, mais avec l'arrivée des sociétés privées, ce prix va augmenter et les éditeurs commencent à se soucier des chiffres et des volumes des ventes.
Pour le prix que doivent débourser les sociétés de packaging, c'est une question de relation. Si une société étrangère débarque sans rien connaître sur ce marché, les ISBN pour ses bouquins peuvent lui revenir très chers car il n'y a pas de règle. La meilleure façon d'en obtenir à un bon prix est de développer des partenariats. Par exemple en aidant les éditeurs chinois à obtenir des droits pour des ouvrages étrangers en les mettant en relation avec les bonnes personnes.


Organisation du marché local

78 000 points de vente dont 7 000 privés et 10 000 grossistes.

La chaîne nationale Xin Hua possède 60% du marché, a le monopôle des livres éducatifs et se distribue elle-même. Il est prévu qu'une partie de cette chaîne soit privatisée.
La première chaîne privée Xi Shu (550 librairies de 80 m² en moyenne) appartient au Français Jean-Jacques Augier. Elle est bâtie sur le modèle de la franchise. La politique est différente de celle de la chaîne nationale, c'est-à-dire que les vendeurs sont formés et il y a une saisie informatique permettant de connaître le volume de ventes (comme en France).
Le reste des distributeurs est dispersé et la plus grosse chaîne après Xin Hua et Xi Shu possède dix magasins.

La question que s'est posée Patrick Abry est "Où sont les livres ?". En effet, en dehors de la chaîne nationale et de Xi Shu, la distribution n'est pas organisée. Patrick Abry a été chargé de rechercher la trace de bandes dessinées françaises dont les droits ont été vendus à des éditeurs chinois et n'a réussi à en retrouver que très peu. Un inventaire de 2005 recensait 300 titres traduits tout éditeur confondu mais tous ne sont pas en rayon. Le plus gros tirage, et ce depuis plus de vingt ans, reste Tintin au Tibet chinois (redevenu Tintin au Tibet suite à une plainte de la veuve Hergé).
Parmi les autres titres d'origine française ayant un bon tirage on peut noter Les Profs, L'élève Ducobu ou encore Boule et Bill. Au détour des grossistes, on peut également trouver des exemplaires de Sillage ou de Angèle et René. Titeuf a été tiré à 5 000 exemplaires.

Il n'y a pas de traçabilité au niveau des éditeurs qui ne savent pas à qui les livres sont vendus. Il n'y a pas plus de traçabilité au niveau des grossistes et très peu de remontées du marché. Les grossistes n'étant pas spécialisés, chercher un titre en particulier relève de la chasse au trésor. Il y a une vraie culture livresque et les librairies sont bondées, mais le marché est assez anarchique ; ce qui explique le tirage moyen de 5 000 exemplaires.
Enfin ceci est l'état actuel des choses. La mise en place d'une logistique sur le mode européen est prévue pour la chaîne nationale et la chaîne de M. Augier est déjà capable de suivis informatiques des stocks et des retours et d'une analyse régulière du marché. La chaîne nationale commence à s'y mettre mais les contraintes géographiques importantes ne facilitent pas les choses.

Une autre façon de distribuer les livres propre à la Chine est constituée par les digibooks. Ces digibooks sont en fait des livres téléchargeables via internet. Le paiement se fait à l'aide de crédits grâce à des mini-CD fonctionnant comme des cartes téléphoniques. Quand le conteur est vide, il suffit d'acheter une nouvelle carte en librairie. La qualité de ces digibooks est tout juste suffisante à la lecture sur écran. Si on les imprime, ils sont très difficilement lisibles. Ce système permet aux habitants des campagnes, nombreux à avoir accès à internet, d'avoir accès à la lecture, alors que les librairies sont situées en ville. 5 000 000 personnes utiliseraient ce système qui ne concurrence pas l'édition en Chine, la cible n'étant pas la même.
Il est prévu qu'un éditeur français fasse l'expérience du site de digibook pour diffuser certaines oeuvres en Chine. Certains Chinois voudraient lancer l'expérience en Europe, mais il est très peu probable que les éditeurs européens acceptent.


Les magazines

En Chine, il existe peu de magazines spécialisés dans la BD qui durent longtemps. Le record est détenu par Huan Hua Bao (50 ans). Il contient des romans graphiques à contenu traditionnel et tire à 40 - 50 000 exemplaires (c'est une référence auprès des professionnels). Il est prévu que des histoires courtes de l'Association soient publiées (dont des histoires de Lewis Trondheim). Les tirages de ces magazines varient entre 20 000 et 200 000 exemplaires et ils sont très ciblés (à l'image du magazine pour jeunes filles de Publishing House for Electronic Industry).
Il existe aussi des magazines expérimentaux à faible tirage dans lesquels un auteur présente son travail et celui des membres de son studio.
Actuellement, un éditeur français travaille avec un magazine chinois pour y publier Joe Bar Team.


Les genres

Les genres que dénombre Patrick Abry sont les suivants : le traditionnel, l'humour, ce qu'il nomme "Japan Style" et la nouvelle vague.

Le fils du marchandLe genre traditionnel :
Il repose sur les grands classiques comme Au bord de l'eau (XIVe), Le roman des trois royaumes (XIVe), Le rêve dans le pavillon rouge (XVIIIe) et Le voyage en occident aussi appelé Le roi des singes (XVIe). En dehors de ce dernier, ce sont des romans fleuves et complexes.
Parmi ce style on notera les contes de Pu Song Ling (XVIe), comme Le fils du marchand (Le petit Kou en VO) qui sont des contes fantastiques.
Dans ce genre vient également se ranger l'Histoire avec les BD culturelles contenant en plus de la partie BD, racontant par exemple comment ça se passait au temps des principaux empereurs, des cartes, des photographies et des commentaires sur les costumes.

Le genre humoristique :
Il est très répandu en Chine où la cible principale des BD est représentée par les enfants. Il faut savoir que 300 000 000 de Chinois ont moins de 14 ans. Ce genre de BD fait souvent référence à la vie chinoise et contient de nombreux jeux de mots reposant sur les idéogrammes et intraduisibles dans notre langue. Les formats sont souvent petits (taille d'un livre de poche) et les histoires très courtes.

Le "Japan Style" :
Même si le Japon est l'ennemi héréditaire de la Chine, celle-ci n'a pas pu fermer ses frontières au manga. Aussi, les éditeurs poussent-ils aujourd'hui les auteurs à faire à la mode de...
Ainsi la BD Crazy Boy Fei a un style très manga et même un jeu de cartes associé.
Mais en dehors de la copie servile réalisée par certains auteurs, il existe également des oeuvres où les auteurs ne font que s'inspirer des manga tout en gardant leur propre style.
De même, un auteur peut à la fois réaliser des oeuvres de commande au trait très manga et parallèlement des oeuvres avec son propre style. En mettant les deux oeuvres côte à côte il est difficile de s'imaginer que le dessinateur est le même.

RememberLa nouvelle vague :
Elle est constituée d'auteurs ayant en moyenne entre vingt et trente ans.
Ces auteurs font des BD pour les adultes et traitant de vrais problèmes (déprime, grandes villes, malaise des jeunes,...). Ils ont une forte envie de dessiner en couleur alors que les anciens pour des raisons techniques dessinaient en noir et blanc. De plus ils ont pu choisir la voie de la BD, alors que leurs aînés se voyaient souvent imposer une carrière et ne pouvaient suivre des études d'art comme bon leur semblait.
En Chine, ils doivent souvent faire de l'alimentaire en produisant des oeuvres de commande et il n'est pas rare que leurs oeuvres plus originales soient d'abord publiées à l'étranger. Ce qui explique pourquoi certaines BD publiées en France chez Xiao Pan ne le seront que plus tard en Chine.


Les artistes

Aujourd'hui, la génération des 20-30 ans cherche à sortir la BD chinoise de son ornière, poussée par l'ancienne génération, frustrée de ne pas avoir pu faire ce qu'elle voulait.

La mauvaise qualité des ouvrages et l'absence de protection des droits des auteurs rendaient le piratage facile. Depuis 2004 la protection des droits d'auteurs est proche de celle de la France. Enfin, en théorie. En pratique, les artistes signant avec un éditeur français ont plus de chances de voir leurs droits défendus, car la protection de ces droits par les éditeurs chinois est le reflet de la mentalité générale qui bien qu'en train d'évoluer reste encore laxiste sur ce sujet du fait de la longue période durant laquelle ces droits n'existaient pas.
En signant avec un éditeur français (par exemple), un artiste a l'assurance que ses droits seront défendus, de gagner de l'argent (tarifs européens avec un tirage moyen en France qui est le même qu'en Chine) et également d'avoir plus de latitude pour faire ce qui lui plaît (les oeuvres demandées par les éditeurs chinois étant plutôt des oeuvres de commande). Ce système convient au gouvernement chinois, car c'est l'éditeur étranger qui prend les risques financiers. Si la BD marche bien à l'étranger, elle peut ensuite être éditée en Chine. Cela convient aussi à l'éditeur étranger qui obtient souvent les droits pour le monde. Et cela convient tout autant à l'artiste qui peut réaliser autre chose que des BD de commande, utiliser de la couleur et a beaucoup plus de chances de ne pas voir son oeuvre remaniée par manque de place. Par exemple il n'est pas rare qu'un éditeur chinois commande 200 pages puis décide qu'il n'en a besoin que de 100 et coupe dans l'oeuvre comme bon lui semble parfois en réarrangeant l'ordre des planches.
Signer avec un éditeur étranger peut aussi être l'occasion pour l'artiste de redessiner entièrement sa BD en y mettant de la couleur et en ajoutant des scènes qui auraient eu de grandes chances d'être censurées en Chine.
Par exemple, Le fils du marchand n'a eu le droit qu'à une prépublication en noir et blanc dans son pays d'origine. Quand Xiao Pan a proposé à l'artiste de sortir cette BD en Europe, celui-ci a demandé à la redessiner en y ajoutant des scènes et de la couleur.

Avec l'ouverture de la Chine vers l'extérieur, les artistes sont de plus en plus nombreux à vouloir s'exprimer pleinement à travers leur médium. Si l'enseignement du dessin est resté classique, la BD, elle, ne subit aucun code, n'est enfermée dans aucun cadre, laissant aux auteurs libre court à leur fantaisie que ce soit en noir et blanc ou en couleur.
Dans un même magazine on peut ainsi retrouver des dessins d'heroic fantasy à côté de dessins rappelant les manga et bien d'autres styles et parfois même de la part d'un même dessinateur.
Il faut savoir qu'en Chine, les enfants apprennent le dessin en même temps que l'écriture. En effet l'écriture ou plutôt la calligraphie des idéogrammes enseigne aux enfants le maniement du pinceau dès leur plus jeune âge.
Le dessin fait partie de la culture chinoise et il n'est pas rare de voir quelqu'un sortir un carnet de croquis pour dessiner. Il existe un vrai respect du dessinateur et il n'est pas rare qu'en présence de quelqu'un qui dessine, les personnes autour se mettent à chercher ce que le dessinateur dessine pour ensuite s'écarter pour ne pas boucher l'angle de vue.

La plupart des artistes doivent faire de l'alimentaire et il n'est pas rare qu'ils touchent à plusieurs domaines artistiques. Ainsi certains font également de la musique, écrivent des romans ou des ouvrages techniques et font de la photographie.

Mélodie d'enferLa plupart des auteurs signés par Xiao Pan sont de cette jeune génération que Patrick Abry appelle "nouvelle vague" comme Nie Jun (31 ans), Peng Chao (31 ans), Zang Xiao Yu (31 ans), Ming Li (30 ans),... mais il y a aussi Nie Chongrui (63 ans) qui fait partie de l'ancienne génération et est tout heureux de pouvoir s'adonner à sa passion pour la BD après s'être vu imposer des études de mécanique quand il était plus jeune.
Le plus médiatisé d'entre eux est sans conteste Benjamin (32 ans) qui a suivi une formation dans une école de mode. Il commence à pouvoir vivre de son art. En dehors de la BD il a aussi écrit des ouvrages d'apprentissage de Photoshop (logiciel graphique).
Lu Ming, auteur de Mélodie d'enfer (25 ans), est guitariste dans un groupe de hard rock. Son éditeur chinois avait fait des coupes dans son histoire et l'avait réarrangée.
Song Yang (25 ans) a déjà plus de 10 000 pages à son actif et a créé son premier studio à l'âge de 15 ans. Il dit ne dormir que quatre heures par nuit et passe le plus clair de son temps à dessiner.


La BD chinoise hors de Chine

Très peu d'oeuvres ont franchi les frontières chinoises pour le moment et ce sont surtout des dessinateurs hongkongais comme Andy Seto et Chris Law (connus en France grâce à Tonkam) qui étaient jusque-là arrivés chez nous.

La difficulté avec l'organisation assez chaotique de l'édition en Chine est de trouver qui a les droits et même tout simplement avec le faible tirage et le grand nombre d'oeuvres de commandes de tomber tout simplement sur les titres. En effet certains titres pouvant intéresser les éditeurs étrangers n'ont jamais été publiés en Chine et il faut rencontrer les auteurs pour savoir qu'elles existent.
Pour obtenir les droits, c'est donc une affaire de relationnel et de contacts. Les oeuvres les plus visibles quand on se rend sur place sont les BD de commande que les auteurs font pour vivre et dont le style, souvent de la copie du style japonais peut être très éloigné du style du dessinateur.

Un monde idéalEn Europe, un seul éditeur (Xiao Pan) est vraiment spécialisé dans la BD chinoise et en comptant les quelques titres chez Soleil, le nombre de sorties de BD chinoises devrait rester assez faible.
Xiao Pan prévoit environ quatre sorties par mois et cherche surtout à faire découvrir de jeunes auteurs ayant des styles bien à eux et ou des histoires originales à raconter.
Patrick Abry pense que le marché est restreint et beaucoup de choses restent dans les tiroirs. Il projette la réédition d'auteurs anciens (genre classique) parle de la collaboration de scénaristes français avec des dessinateurs chinois. Un éditeur français prévoit également ce genre de collaboration et envisage des prépublications en Chine.


Le mont du Sud
La conférence se termine par l'exposition d'une petite partie de la collection de BD chinoises (ou manhua) de Patrick Abry. Etaient également présentés des artbooks, des magazines de prépublication et des titres publiés chez Xiao Pan avec les versions chinoises de Remember et de Le mont du Sud, prochain titre de Pocket Chocolate à paraître, qui contient dans sa version originale des pages que l'on peut déplier sous forme de mini-posters, mais qui seront mises en vis-à-vis dans la version française.
Enfin ceux qui se sont attardés ont eu la chance de voir certaines planches des titres à venir comme Un monde idéal de Peng Chao ou Mélodie d'enfer de Lu Ming.

Shikata ga nai

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