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Conventions : Chibi Japan Expo 2008

« Chibi Japan Expo volume 2, ça te dit ? » En substance voilà le point de départ de cette petite chronique. En pleine discussion avec Webmistress sur un logiciel que la firme de Redmond fournit pour communiquer, alors que nous ne nous étions pas vus depuis si longtemps, cette proposition n'était pas tombée dans l'oreille d'un sourd. Ma première raison d'accepter avec empressement était de revoir mes amis Webmaster et Webmistress : on se connaît et s’apprécie depuis un bout de temps maintenant.

Ok, me direz-vous, on pourrait s'arrêter là. Les plus cyniques pourraient penser que cette petite chronique ne sera qu'une juxtaposition de bons sentiments : il y en a eu mais pas que ça, voyons. Si j'écris, c'est à la fois sur demande de ma chère Webmistress et aussi pour essayer d'extirper quelques remarques que je me suis faites en déambulant dans les allées de l'événement. Alors c'est parti !

Le trajet

Etant habitué à me lever avant l'aube, c'est non sans délices que je me suis levé un peu plus tard pour me rendre à Montreuil à l'occasion de ce Chibi Japan Expo (par souci d'économiser les touches de mon clavier, j'appellerai cela l'Expo et pis c'est tout). Mes premiers pas dans ma rue sont joyeux vu que je vais enfin revoir mes amis. Je saute allègrement dans mon RER puis m'installe aussi confortablement que l'on puisse s'installer dans un de ces véhicules pour lire un bouquin.

Jusque-là, je sais, y a rien de spécial. J'y viens. Une fois monté dans le métro ligne 9, j'entre dans une dimension parallèle. Je vois une jeune fille aux cheveux bleus translucides qui répète une sorte de tecktonik avec un jeune homme ayant une coupe de cheveux digne d'une publicité pour un gel ultra fixateur. Ils sont certains de "tout déchirer au cosplay". Je ne voudrais pas faire mon rabat-joie mais je suis certain que se déguiser n'est pas obligatoire et qu'accessoirement on peut le faire une fois arrivé. Je vois d'autres gens monter dans la rame et me dis que finalement c'est moi qui suis anormal : je vois des personnages de Bleach et de Naruto autour de moi, top délire...

Je ne suis pas le seul à être surpris. Deux dames africaines échangent quelques mots en ce que je crois être du wolof - mes connaissances dans cette langue étant excessivement limitées - tout en regardant la jeune fille aux cheveux bleus. Je me sens enfin normal parce que quand nos regards se croisent, nous ne pouvons pas nous empêcher d'abord un sourire puis un rire assez franc. Vu l'âge des dames, je dois être trop vieux pour me déguiser moi…

L'arrivée sur place relève, elle aussi, de la faille spatio-temporelle. Je retrouve enfin Webmaster et Webmistress, donc d'abord une poignée de main et un bisou à la petite Webmistress. Nous nous dirigeons alors vers la file qui est assez raisonnable et nous organisons. Je reçois une invitation de leur part (ce n'est pas pour me la péter que je cite cet événement, ça a juste une petite importance pour la suite) et me mets dans la file. En me retournant, j'ai l'impression d'être dans des images d'archives de l'époque stalinienne avec des gens venant chercher du pain. La différence se situe simplement dans le fait qu'il y n’a pas des Naruto avec des morphologies diverses sur ces dites images - ce qui me conforte dans l'idée que les cosplayers ne se regardent pas forcément dans une glace - ainsi que moult autres personnages.

Le drame - enfin j'exagère - c'est de me dire que je vais tenir mon invitation à la main : j'ai l'impression d'en avoir insulté rien qu'en la tenant surtout que ça n'avait pas l'air donné non plus. Ils semblent un peu tristes et envieux, mais tant pis, mon cynisme est plus fort que mon empathie à ce moment. Puis je la tends à une gentille jeune femme et me voilà entré dans l'Expo.

Free Hug - ou comment détourner une super idée

Vous savez ce qu'est l'INPES ? Vous savez comment sont arrivés les Free Hugs en France ? Ben, ne vous en voulez pas si vous ne savez pas, la majorité des gens qui arborent des pancartes "Free Hugs" lors de l'Expo ne devaient pas savoir non plus. Pour commencer : Free Hug ? Une idée de la part d'un Australien qui a proposé des hugs (ou étreintes) librement dans un aéroport. Puis l'INPES (Institut National de Prévention et d'Education pour la Santé) récupère le mouvement à travers un spot génial dans lequel des séropositifs offrent des étreintes pour montrer qu'ils restent humains, qu'ils ont de l'affection à donner et que les discriminations n'ont pas lieu d'être.

Pour quelqu'un qui a connu les débuts de l'ère Sida, le mouvement Free Hug amène pas mal de souvenirs. C'était une idée géniale, alors la voir reproduite une fois entré dans le hall de l'Expo... Deux minutes, en fait, non. Ils n’en savent rien. C'est n'importe quoi : tout le monde est là pour faire des hugs sans doute parce que « c'était trop lol de voir la vidéo sur youtube tu vois… Tiens, toi, kikoo ça te dit un gros hug ? ».
La génération "kikoo-lol" se veut iconoclaste, mais je ne pensais pas qu'ils en arriveraient à un tel niveau. J'en croise qui se "free hug" par critères (j'en suis sûr parce que quand cette jolie adolescente est passée, le kikoo-lol qui était devant moi a brandi immédiatement sa pancarte tandis que celle qui était moins avenante a pu passer sans se faire happer). Une dame va vers une ado qui tient une pancarte : cette dernière a été totalement surprise de devoir faire un hug sans arrière-pensée. En gros, la prochaine fois je songe à une pancarte "free kick".

Ceci étant dit, l'atmosphère de l'Expo y est sans doute pour quelque chose. L'Expo me fait remonter à l'époque du Surcouf première époque : bien que les vendeurs soient sympa et que l'ambiance soit un peu festive, on est avant tout là pour vendre ce que l'on a en stock. Or, si l'informatique à l'époque Surcouf avait totalement intégré l'approche très commerciale, il semblerait que nos ados amateurs de manga aient envie d'idéaux à travers leur attitude : est-ce que les hugs ne sont pas là pour aider nos boulets à se sentir humains ?...

Et le boulet du jour - bonjour

Oui, je sais, mes transitions sont pourries mais parfois faut s'accepter tel qu'on est. Je vais mettre les choses dans leur contexte : je suis fan de Sentaï School. On nous dit que l'auteur est possiblement en séance de dédicaces. Nous, avec Webmistress et Webmaster, on a de quoi se faire faire des dédicaces.

L'histoire n'aurait même pas eu besoin d'être racontée s'il avait été question d'une longue attente sans histoires. L'avantage que j'ai est que Sentaï School se lit en plusieurs fois pour bien saisir tous les détails. Ceci étant dit, nous sommes tombés sur le boulet du jour. De tous temps, il y en a eu dans ce genre d'événements : ce genre de choses parle fort, vous bouscule, s'y connaît forcément. Il est habillé d'un ridicule pantalon rose (j'ai été marqué par cette personne) et semble collectionner les prospectus gratuits.

Alors la file d'attente se forme et derrière notre trio se trouve un couple qui n'engage pas vraiment la conversation. C'est là que les premières vagues d'attaques du boulet ont lieu. Il parle pour se faire entendre de plus de la moitié de la file d'attente, enfin de la moitié du hall d'expo. Il connaît certainement l'auteur, il le "voit à chaque événement et il en fait plein, hein, des événements". Pis, c'est sans doute un vieux de la vieille.

Je ne suis pas partisan d'un abattage systématique. Tout du moins pas au début. Cependant, Webmaster et Webmistress sont quand même plus gênés que moi vu que je lis et que je suis très concentré. Au bout d'un moment, ce boulet vient vers nous et leur parle : je suis mort de rire. Il y a pire : il rit. Un vrai rire de boulet qui a comme effet de me faire faire un grognement indescriptible mêlé à un râle de mourant et un rire à moitié pas étouffé. Décidément, je n'en peux plus mais une fois que nous avons nos dédicaces, c'est enfin fini.

Conclusion - Alors pour quand la prochaine ?

Je ne ferai pas une conclusion super longue, parce que ce n'est pas mon rôle et parce que d'autres en font de plus jolies que moi. Ceci étant dit, malgré tous les défauts de la journée, notamment mister boulet, je suis content de cette journée qui m'a permis de découvrir tout un nouveau monde. J'ai en fait très hâte d'avoir l'occasion de refuser encore des hugs et tout ça. Alors j'essaierai sans doute d'écrire des trucs gentils... J'essaierai.

Nels

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